Il y a une volonté claire d’étouffer la création artistique, de l’asphyxier.
À chaque fois qu’un ou une élue met en cause une œuvre, sabre les budgets de la culture, retire une subvention à une œuvre qui ne lui convient pas, À chaque fois qu’un ou une professionnelle se tait face à la censure,
À chaque fois qu’un cinéaste s’auto-censure,
À chaque fois qu’on renonce à programmer
ou à aller voir un film face aux polémiques ou aux pugilats, c’est la vitalité de nos libertés qui s’essouffle.
Le groupe de travail Liberté de création, de La Boucle documentaire

Qu’est-ce que la Liberté de création ?
La liberté de création est le prolongement de la liberté d’expression et des droits culturels, des Droits de l’Homme. Chacun·e a le droit d’exprimer dans une œuvre le produit de son activité intellectuelle, de ses références, de sa sensibilité. Chacun·e a le droit de se confronter à une diversité d’œuvres.
La loi de 2016 relative à la « liberté de la création » a consacré ces principes dans une perspective d’émancipation individuelle et collective. L’État, les collectivités territoriales et leurs groupements doivent en être les garants, en tout point du territoire.
Depuis plusieurs années, La Boucle documentaire, fédération d’associations régionales et nationales d’auteur·ices, réalisateur·ices pour la défense du documentaire de création, a l’expérience des cas de censure aux différentes échelles territoriales
Quelles formes prennent ces entraves ?
- Des élu·es retirent de l’ordre du jour du comité de lecture de la commission d’aide au documentaire un film portant sur une personnalité politique d’un autre camp.
- Un lycée renonce à diffuser un documentaire face à la colère des syndicats agricoles locaux.
- Une région demande à un auteur de rembourser une aide à l’écriture à la suite d’une campagne de dénigrement du film par l’extrême droite sur les réseaux sociaux.
- Une région renonce à suivre l’avis du comité d’expert et de procéder au vote de la subvention, suite aux pressions de l’extrême droite.
- Une chaîne de télévision demande à un auteur réalisateur de changer la fin de son film pour ne pas heurter la sensibilité des élus régionaux.
Ces censures ont parfois lieu de manière insidieuse et il est souvent difficile d’établir les preuves. Nous sommes persuadés que ces cas ne représentent qu’une infime partie de la censure à l’œuvre. Aujourd’hui, ce sont surtout les voix de l’extrême droite qui occupent le terrain.
Eux ne se cachent pas, et agissent sur différents fronts, faisant pression sur les élu·es et les préfets pour interdire la diffusion d’œuvres, attaquant les films sur internet, agressant les spectateurs lors d’une projection.
Comment lutter ?
Il existe différents moyens de lutter en s’appuyant sur la loi et les tribunaux, sur des campagnes d’information, sur la résistance collective des organisations.
Pourtant nous butons sur la mise en œuvre de ripostes à la hauteur de la menace. Nous avons le sentiment de répondre à ces attaques de façon trop isolée et discrète sans être en mesure d’alerter plus largement l’opinion et de peser dans le débat public. Nous aspirons à des moyens collectifs, mieux informés et coordonnés, afin que pour chaque cas de censure, une riposte rapide, à la mesure de l’urgence, soit mise en œuvre et que le public soit informé.
Des médias, des élus, des juristes, des collectifs s’organisent eux aussi et nous construisons des alliances.
Déposer un signalement :
Vous pouvez nous informer à courrier@laboucledocumentaire.fr
& Vous pouvez répondre au formulaire conçu par l’Observatoire de la Liberté de Création
Qu’est-ce que l’Observatoire de la Liberté de Création (OLC) :
Créé en 2002 au sein de la LDH (Ligue des droits de l’Homme) pour lutter contre la recrudescence des attaques contre les œuvres, dans tous les arts, l’Observatoire de la Liberté de Création s’est constitué en association en janvier 2024. Il défend la liberté de création et de diffusion des œuvres consacrées par la loi de juillet 2016 et lutte contre toute forme de censure, entrave, déprogrammation, directe ou indirecte, explicite ou implicite, revendiquée ou dissimulée. Il défend également la liberté de programmation.
L’OLC rassemble une vingtaine d’organisations professionnelles et de syndicats représentant des métiers des secteurs de la culture très divers (arts plastiques, cinéma, littérature, spectacle vivant), et des membres individuels ayant une expertise dans ces domaines (art, sciences sociales, droit). C’est un lieu de réflexion interdisciplinaire et de solidarité.
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